publicité

Culture

Cliquez sur la photo pour l'agrandir

«James Ensor. Inspired by Brussels»
«James Ensor. Inspired by Brussels»

Jusqu’au 2 juin, KBR (Bibliothèque royale de Belgique) et MRBAB (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique) réunissent leurs collections dans le cadre de l'exposition «James Ensor. Inspired by Brussels», qui marque le début de l’année de commémoration des 75 ans du décès du célèbre peintre ostendais. Avec 18 peintures, 24 dessins et 33 estampes, cette exposition réunit un nombre exceptionnel d’œuvres originales du maître.

KRB et MRBAB ont été les premières institutions publiques à acquérir des œuvres de James Ensor. En effet, en 1892, le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque royale a acheté 25 eaux-fortes du maître ostendais. Trois ans plus tard, les MRBAB ont fait l’acquisition du chef-d'œuvre, réalisé quinze ans plus tôt : Le Lampiste (1880).

«James Ensor. Inspired by Brussels»

Si pour James Ensor Ostende - sa ville natale - a toujours été une source d’inspiration intarissable, Bruxelles a également joué un rôle crucial dans son développement en tant qu'artiste. Les peintures et les œuvres graphiques du maître montrent l'attrait artistique qu'exerçait Bruxelles sur Ensor et comment la capitale belge, ses habitants et ses artistes l'ont inspiré pendant des décennies.

L’exposition est organisée, à Bruxelles, dans les salles majestueuses du Palais de Charles de Lorraine, édifié au 18e siècle et qui fait, aujourd'hui, partie de KBR. Elle met en lumière la période la plus productive du peintre moderniste : de son arrivée à l'Académie des Beaux-Arts en 1877 jusqu'à l'éclatement de la Première Guerre mondiale en 1914.

L.B.

KBR : 28 Mont des Arts 28 - 1000 Bruxelles - www.kbr.be

Photos : 1. James Ensor – Le Lampiste – 1880, huile sur toile 151,5 x 91 cm – MRBAB, © photo d’Art Speltdoorn Fils / 2. James Ensor – Squelettes se disputant un hareng – 1891, huile sur panneau 16 x 21,5 cm – MRBAB, © J.Geleyns-Art Photography

Article mis en ligne en février 2024

Les Magritte du Cinéma

L’Académie André Delvaux a été fondée, en 2010, pour promouvoir la richesse et la diversité du cinéma belge auprès du public et contribuer au rayonnement de notre cinéma, à l’échelle nationale et internationale. L’Académie organise la Cérémonie des Magritte du Cinéma depuis 2011.

La 13e Cérémonie des Magritte du Cinéma se tiendra au Théâtre National Wallonie-Bruxelles, le samedi 9 mars 2024. Elle récompensera les talents du cinéma belge, et plus particulièrement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ayant marqué l’année écoulée.

Bouli Lanners en sera le Président et Patrick Ridremont le Maître de Cérémonie.

Dans les nominations, on retiendra, entre autres : Meilleur Film : Augure de Baloji ; Dalva d’Emmanuelle Nicot ; Le paradis de Zeno Graton ; Le syndrome des amours passées d’Ann Sirot et Temps mort d’Eve Duchemin. Dans la catégorie Meilleure actrice : Yolande Moreau dans La fiancée du poète ; Mara Taquin dans La petite ; Lubna Azabal dans Le bleu du caftan et Lucie Debay dans Le syndrome des amours passées. Dans la catégorie Meilleur acteur : Jérémie Renier dans Ailleurs si j’y suis ; Marc Zinga dans Augure ; Arieh Worthalter dans Le procès Goldman et Bouli Lanners dans Un coup de maître.

Quelque 22 trophées seront remis sur base des votes des membres de l’Académie André Delvaux, ainsi qu’un Magritte d’Honneur, qui sera décerné par le Conseil d’Administration de l’Académie à une personnalité belge ou internationale, pour saluer sa contribution marquante au 7e Art.

C. FARINONE

Au Théâtre Royal des Galeries : «Fallait pas le dire»
Au Théâtre Royal des Galeries : «Fallait pas le dire»

Jusqu’au 7 mars, présentation de la pièce «Fallait pas le dire» de Salomé Lelouch, mise en scène par Alain Leempoel. Une comédie que l’auteure a créée pour sa mère et son beau-père – Evelyne Bouix et Pierre Arditi - qui l’ont jouée au théâtre à Paris en 2022.

La version proposée au Théâtre des Galeries est construite sous forme de tableaux mettant en avant «le couple» sous toutes ses formes. Quatre comédiens – deux femmes et deux hommes – vont se décliner sous tous types de couples reconnus aujourd’hui, mais qui n’échappent pas pour autant à la vindicte du jugement de l’autre et à la pression de la société. Dans la rue, au café, dans la cuisine, au salon, au jardin, ils conversent et s'interpellent sur des sujets qui révèlent leurs désaccords et suscitent disputes et réflexions, comme notamment la saveur du gâteau de la belle-mère, la chirurgie esthétique, #MeToo, l’écologie, la trottinette, la pédophilie, l’homosexualité, etc.

Au Théâtre Royal des Galeries : «Fallait pas le dire»

Aujourd’hui, qui peut dire quoi ? Quand ? A qui ? Et dans quelles circonstances ? Alors qu’il est des domaines où la parole se libère, il y a des choses qu’on ne peut plus dire. Au siècle dernier, on conseillait de tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler. Un conseil qui, mis au goût du jour, suggère aujourd’hui de tourner sept fois ses pouces avant de poster un tweet, une photo, un commentaire, un simple émoticône, sous peine de déclencher des catastrophes.

Fallait pas le dire est une leçon d’humilité à une époque où tout le monde se doit d’avoir un avis sur tout. Et si on n’était pas obligé, finalement ?

Cette comédie bien rythmée, pleine de finesse et d’espièglerie, est magistralement interprétée par Alain Leempoel, Bernard Yerlès, Catherine Conet et Hélène Theunissen, qui, alternativement, forment un couple homme-femme, femme-femme ou homme-homme. Noémie Vanheste a réalisé le décor, épuré et élégant. Les costumes sont signés Chandra Vellut.r

Info : tél. 02 512 04 07 – www.trg.be

M.VD.

Photos : © Isabelle De Beir

Article mis en ligne en février 2024

Le film de ce mois de février
Le film de ce mois de février

"Green Border" (traduction du titre original "Zielona Granica") de la Polonaise Agnieszka Holland est un film qui vaut absolument le détour. Récompensé à la Mostra de Venise par le Prix spécial du Jury, il aborde un thème d'actualité brûlant, la crise humanitaire dans la zone frontalière entre la Pologne et la Biélorussie. Les migrants y affluent pour échapper à la misère de leur pays et chercher un avenir meilleur dans le monde occidental, via la Pologne. Ils se heurtent non seulement au mur érigé du côté polonais, mais aussi aux joutes politiques cyniques de la Biélorussie. Ce pays et son dirigeant, meilleurs amis de la Russie de Poutine, ne sont que trop heureux de voir ces migrants franchir la frontière avec la Pologne ennemie, aggravant encore les problèmes causés par l'afflux de réfugiés ukrainiens. En réalité, la Biélorussie inonde depuis tout un temps la Pologne avec ces réfugiés, une arme dirigée contre l’Occident tout entier. Les situations désastreuses décrites dans le film se rapportent à des événements survenus en 2021, avant que la Russie n’envahisse l’Ukraine voisine. Les réfugiés de cette période d’avant-guerre, et celle d’après, dans cette zone frontalière viennent souvent de pays comme la Syrie, l’Afghanistan, l’Irak, le Yémen et le Congo. "Green Border" débute par quelques images en couleurs de la zone boisée verte en question, une vaste forêt. Elles laissent rapidement place à un récit en noir et blanc sur le sort de plusieurs migrants, des personnages fictifs. L'accent est mis sur une famille syrienne de six membres en route pour la Suède, fuyant la guerre civile dans leur propre pays, et sur l'Afghane Leila qui demande l'asile en Pologne. Leur aspiration s'avère être une illusion, leur traversée, un cauchemar. La fameuse frontière verte est un piège auquel ils ne peuvent échapper. Pire, ils s’enfoncent profondément dans le marais, parfois pas seulement au sens figuré. En effet, les gardes-frontières polonais ne les attendent pas à bras ouverts, et c’est un euphémisme. Sous escorte brutale, les malheureux sont renvoyés à l'expéditeur en face. Là-bas, chez les Biélorusses, ils ne sont évidemment pas les bienvenus non plus, manu militari ils sont conduits à nouveau dans la forêt, comme une balle que l’on se renvoie. Le groupe est ainsi laissé sans ressources ni aide dans un no man's land sauvage, avec des conséquences dramatiques.

La réalisatrice Agnieszka Holland (photo) n'épargne pas ses compatriotes polonais en décrivant leur comportement - à ses yeux - inhumain. Elle montre comment le commandant des soldats à la frontière exhorte ses troupes à s'attaquer impitoyablement et durement aux migrants. Ce sont tous des profiteurs qui font pleurer leurs enfants pour susciter la compassion. souligne-t-il. Le discours ne manque pas son effet. Ce doigt accusateur à l’encontre de la politique polonaise fut considéré comme un affront par le gouvernement en place à Varsovie (la coalition au pouvoir a changé depuis). Sans avoir vu "Green Border", mais sur base de rumeurs juste après l’avant-première du film à la Mostra de Venise en septembre, le ministre polonais de la Justice de l’époque réagit avec fureur, qualifiant le film de propagande nazie et tirant à boulets rouges sur sa réalisatrice. Holland ne l'accepta pas et menaça le ministre de poursuites judiciaires en l’absence d’excuses. La polémique ne nuisit pas au succès du film en Pologne, au contraire, plus de 800 000 spectateurs s’y précipitèrent. Un long passage, dans un large chapitre intitulé "Les activistes", montre l'esprit civique des Polonais "ordinaires", des gens dévoués qui remuent ciel et terre sur place pour venir en aide à la famille syrienne et à Leila. Outre ses mérites cinématographiques - une excellente mise en scène et une impeccable interprétation, qui oppose la cruauté des uns (Biélorusses inclus) au désespoir des autres (migrants, mais aussi bénévoles humanitaires) -, "Green Border" offre un aperçu d'un problème humanitaire sous-exposé. A l’ombre de la crise des réfugiés en Méditerranée, il y en a aussi une qui fait rage dans une zone frontalière verte de la mer Baltique, encore aujourd’hui.

S. Podwika

Article mis en ligne en février 2024

A l’affiche un film à ne pas rater
A l’affiche un film à ne pas rater

Les films dignes d’intérêt ne sont pas légion ces derniers temps, hélas. Raison de plus pour ne pas passer à côté du Grand Prix au dernier festival de Cannes. Il est enfin visible sur nos écrans.

On ne peut pas dire qu'il enchaîne les films, trois au total sur le compteur, son dernier datant d'il y a dix ans. Tous trois furent salués par des critiques fort élogieuses. C'est en partie pour cette raison que "The Zone of Interest", le dernier film du réalisateur britannique Jonathan Glazer, 58 ans, était attendu avec grande curiosité à Cannes. L'intérêt était suscité par le thème abordé, la Shoah. L’approche iconoclaste et réfléchie du cinéaste nourrissait l’espoir que sa nouvelle œuvre dépasserait le niveau des films moyens sur la Shoah. L’attente ne fut pas déçue. Le film, parlé en allemand et tourné en Pologne, est une adaptation libre du roman éponyme publié en 2014 par Martin Amis (en fait, Glazer n'en a retenu que la trame). Ironie du sort, l'auteur britannique décéda pendant le festival, le jour de la première mondiale à Cannes. Cette «Zone d'Intérêt» s'ouvre sur un cadre bucolique. Un paysage idyllique, des oiseaux qui gazouillent, de la verdure partout, une famille nombreuse en train de pique-niquer, la rivière à portée de vue. La propriété de la troupe est tout près, un superbe vaste domaine, avec des enfants gambadant dans un jardin bien entretenu et une petite piscine, des domestiques à proximité. Le ciel n’est pas complètement bleu, des nuages de fumée obscurcissent la vue. De temps à autre, des cris sourds au loin troublent brièvement le silence, mais presque pas. Cela vaut également pour un bruit étouffé rappelant des coups de feu. Un mur de béton sépare la maison de rêve, apparente, de son environnement. Bienvenue chez la famille Höss, en particulier Rudolf, le chef de famille, commandant du camp voisin d'Auschwitz.Tandis que l'horreur de la Shoah se déroule de l'autre côté - et n'est jamais montrée - la famille Höss, insouciante, profite de la vie dans la maison. Hedwig, la mère, surnommée « la reine d'Auschwitz », papote et plaisante dans la cuisine avec ses amies. Elle essaie un manteau de fourrure en provenance du camp. Elle réprimande la servante pour une assiette mal placée, la prévenant qu'elle pourrait finir en cendres. Les enfants jouent ou écoutent des histoires. Dans le droit fil de ses occupations habituelles, Rudolf prévoit une réunion avec des commandants d'autres camps. L'ordre du jour comprend cette fois la prise en charge de 700 000 Juifs hongrois à exterminer. Un bureaucrate froid au travail, un personnage avenant à la maison. Il répond favorablement aux implorations de son Hedwig, désespérée à l’idée d'un déménagement imminent. Le fervent souhait de celle-ci, rester dans sa maison bien-aimée, son Lebensraum (selon ses propres mots), est exaucé. Rudolf en mari tendre et père aimant.Détail intéressant : le rôle est joué par Christian Friedel, l'acteur qui incarne le jeune maître d'école dans « Das weisse Band » de Michael Haneke, Palme d'or à Cannes en 2009. Ce film annonçait la montée du nazisme, voici le même Friedel en scélérat nazi , la personnification de cette calamité.

Sandra Hüller, dans le rôle d'Hedwig, a un lien différent avec Cannes. Elle y a été découverte en 2016 avec l'hilarant « Toni Erdmann ». Double apparition au festival pour elle en cette année 2023, elle brille dans un autre film très acclamé de la compétition, «Anatomie d'une Chute», lauréat de la Palme d'Or.


La banalité du mal, le concept qu'Hannah Arendt introduisit dans son reportage sur le procès Eichmann, obtient une expression cinématographique adéquate avec cette "Zone d'intérêt" (le terme, dans un langage euphémique nazi, désigne l'environnement exact autour du camp). Ce ne sont pas des monstres, mais des personnes de chair et de sang qui ont commis les crimes les plus odieux de l’histoire. L'approche du film est similaire à «Ordinary Men», le livre de 1992 de l'historien américain Christopher Browning, dans lequel de simples policiers allemands aident à exterminer à grande échelle les Juifs dans les camps nazis.

De subtiles allusions récurrentes dans le film évoquent l'horreur qui se cache derrière le mur de la maison de rêve, mais sans aucun coup d’œil dans cet enfer. L’approche humble d’une souffrance inimaginable et donc immontrable. Un grand coup de chapeau au réalisateur Jonathan Glazer, il évoque cette souffrance avec ingéniosité, adresse et tact, tout en mettant en lumière les bourreaux, des individus en apparence ordinaires et imperturbables. Des assassinats en masse comme activité quotidienne.

Ainsi, «La Zone d’intérêt» rejoint la courte liste des films mémorables sur la Shoah. Les festivaliers ont vécu une expérience similaire à Cannes en 2015, lors de la projection d'un autre film inoubliable sur la Shoah, « Le Fils de Saül » de Laszlo Nemes. Tous deux évoquent à leur manière l’indicible et l’immontrable, du côté des victimes pour l’un, du côté des bourreaux pour l’autre. Des efforts artistiques certes louables, mais la déclaration en 1989 du prix Nobel Elie Wiesel reste d’actualité : « Tout comme personne ne pouvait imaginer Auschwitz avant Auschwitz, personne ne peut désormais raconter Auschwitz après Auschwitz. «La Zone d'intérêt» reçut le Grand Prix du festival (tout comme « Le Fils de Saül » en 2015), la deuxième plus haute distinction. Cette dernière, la Palme d'Or, a donc été réservée à l'excellent drame français « Anatomie d'une Chute ». L’Allemande Sandra Hüller, interprète le rôle principal féminin dans les deux films, vraisemblablement une première au palmarès de Cannes, un tel phénomène. Le règlement ne permet pas d'attribuer deux prix au même film, c'est pourquoi l'excellente Hüller passa à côté du prix de la meilleure actrice. Partie remise, elle est nommée aux Oscars (pour « Anatomie d’une chute »). «La Zone d’intérêt» y est nommée dans plusieurs catégories, dont celle de meilleur film et meilleur réalisateur.

Sylwia Podwika

Article mis en ligne en février 2024

Spectacle théâtral et musical au Théâtre Royal du Parc
Spectacle théâtral et musical au Théâtre Royal du Parc

Présentation jusqu’au 17 février, au Théâtre Royal du Parc à Bruxelles, de L'Impresario de Smyrne : une comédie satirique qui met en lumière les affres de la production d'un opéra et les personnages excentriques qui caractérisent ce milieu. Elle aborde également des thèmes tels que l'ambition, la persévérance et la résilience face aux échecs. Cette création mondiale – et coproduction de plusieurs théâtres belges et français – est inspirée de «L’impresario de Smyrne» de Carlo Goldoni (1759) qui y peint, avec férocité et tendresse, humour et cruauté, le monde des artistes et leurs travers, conditionnés par l’aveuglante envie de réussir jusqu’à l’excès. La pièce met en scène onze comédiens, chanteurs et musiciens qui emmènent les spectateurs dans la flamboyante Venise du 18e siècle et dans le monde de l’opéra.

Les esprits s’agitent et les égos se gonflent autour d’un riche marchand turc qui s’improvise producteur – sans rien y connaître à l’opéra – pour créer à Smyrne, en Turquie, le plus fabuleux opéra de tous les temps, et souhaite recruter les plus grands artistes. Dans une effervescence de joies, de joutes et de jalousies, divas et castrats, chanteurs et acteurs rivalisent pour être la Prima donna. Au moment de signer les contrats, les artistes s’écharpent et les salaires se discutent. Dans la lumière froide du matin du grand départ pour l’Orient, tous ont rejoint le bateau et sont prêts pour la grande aventure, le castrat est botté et joue de la cravache… Mais le Turc ne vient pas. Il a laissé de l’argent en dédit. La troupe utilisera la somme reçue pour monter et produire son prochain spectacle.

Mise en scène par Laurent Pelly, la pièce L'Impresario de Smyrne est à la fois très dynamique, burlesque, tendre et musicale. Sur scène, la célèbre soprano Natalie Dessay est entourée d’artistes confirmés et de jeunes talents, tous à l’énergie communicative, ainsi que de trois instrumentistes de l’ensemble baroque Masques (clavecin, violoncelle, violon).

Info : tél. 02 505 30 30 – www.theatreduparc.be

M.VD.

Article mis en ligne en janvier 2024

Sculptura #2
Sculptura #2

Du 19 janvier au 10 mars, Bruxelles accueille la deuxième édition du festival artistique Sculptura, qui met en lumière la sculpture contemporaine et l'art de l'installation. Elle propose une histoire européenne, avec une quarantaine d’artistes venus de toute l'Europe. Sous le label de la présidence belge du Conseil de l'Union Européenne, qui se teint durant le premier semestre de 2024, le festival a été reconnu comme activité culturelle officielle. De plus, une partie de l’évènement va mettre en valeur la collection d'œuvres d'art du Parlement Européen.

Cette année, Sculptura #2 s'étend et s'insère dans l'espace public. En plus de l'exposition à la Gare Maritime, un parc de sculptures sur le site de Tour & Taxis et des expositions dans divers lieux de la capitale viennent s'ajouter au programme. Un festival qui assurément s'articule autour du thème Art Moves, Art Connects, mettant l'accent sur la découverte de sculptures issues de différents mouvements artistiques, et allant d'œuvres monumentales à des œuvres de plus petite taille. L'objectif de cette rencontre est d'encourager le public à s'attarder sur la sculpture et également de l’inviter à regarder consciemment ce qu'il croise plus facilement dans la ville. Ainsi, plusieurs sculptures pourront être découvertes dans Bruxelles même, notamment au Pixel Museum, au MigrationMuseum à Molenbeek et à l'hôtel The Dominican. Le lien entre le festival et le public est renforcé par douze installations exposées dans le jardin de Tour & Taxis pendant un an.

Info : sculpturafestival.be

S.D.

Article mis en ligne en janvier 2024

«Anatomie d’une chute» élu meilleur film européen de l’année

Traditionnellement, la proclamation des European Film Awards en décembre est synonyme de coup d’envoi des récompenses pour les meilleurs films de l’année. Suivront, dans cet ordre chronologique, les Golden Globes, les Bafta anglais, les Césars français et, point d’orgue, en mars cette fois-ci, les Oscars.

Grand triomphateur à Berlin de cette remise de prix, l’équivalent des Oscars pour les productions européennes, fut le film français «Anatomie d’une chute», il rafla la distinction de meilleur film, meilleur(e) cinéaste (la réalisatrice Justine Triet), meilleure actrice (Sandra Hüller), meilleur scénario (Triet avec son compagnon Arthur Harari), meilleur montage et le prix universitaire. Un couronnement qui fut déjà le sien, celui du film, au dernier festival de Cannes où il obtint la Palme d’Or.

D’autant plus incompréhensible se révèle la décision du comité de sélection français, prise il y a quelques semaines, d’envoyer comme représentant français aux Oscars non pas cet «Anatomie d’une chute», prétendant tout désigné pourtant, mais «La Passion de Dodin Bouffant», film plutôt mièvre aux yeux de bon nombre d’observateurs, déjà passablement étonnés du prix de la mise en scène qui lui tomba dans l’escarcelle (ou plus exactement, dans la marmite, vrai héros de cette histoire culinaire avec Juliette Binoche) au festival de Cannes. Le discours sur scène de Justine Triet lors de l’attribution de la Palme d’Or, fustigeant la politique gouvernementale française de subventions au cinéma, lui a été préjudiciable et lui a peut-être coûté la représentation de son pays aux Oscars.

Dans «Anatomie d'une chute», un film de fiction, elle retrace le procès de l'écrivaine allemande à succès Sandra, accusée du meurtre de son mari Samuel un an plus tôt. Il est tombé de la fenêtre d'un étage supérieur de leur chalet dans les Alpes françaises et est décédé sur le coup. L’homme, également écrivain, mais plutôt dans l’anonymat, était déprimé. Est-ce qu'il s'est suicidé, ou Sandra l'a-t-elle poussé par la fenêtre ?

La «chute» est aussi celle de la relation entre les deux, en chute libre. L’un des flashbacks dépeint une scène mémorable, avec une vive dispute entre elle et lui, aboutissant à bien plus que des excès verbaux. Le film n'est donc pas seulement le récit d'un procès, mais aussi l'examen d'un couple en pleine crise. Dans cette optique, «Anatomie d'une chute» n'est pas sans rappeler à la fois «Scenes from a Marriage» (1973) d'Ingmar Bergman et cet autre classique, «Anatomy of a Murder» (1959) d'Otto Preminger dont le titre est bien sûr tiré en partie.

«Anatomie d’une chute» élu meilleur film européen de l’année

Daniel, leur fils de 11 ans, joue un rôle central, il a comme compagnon permanent un chien. L’enfant découvre le corps de son père dans la neige. Daniel est malvoyant depuis un accident, ses observations n’en demeurent pas moins cruciales. Il les relate dans la salle d'audience après les dépositions de psychiatres et d’autres experts, en l'absence de témoins directs. Les avis des spécialistes se contredisent souvent, tantôt exploités par le procureur, tantôt par la défense.

Sandra clame son innocence, elle ne fait aucun effort pour paraître sympathique, ce n'est visiblement pas dans sa nature. Elle n'a pas la vie facile au procès, elle est poussée à bout pour décrire en détail sa relation dysfonctionnelle avec Samuel. Peu à peu, une image différente de la personnalité de Sandra se forme. Les impressions de la première partie sont celles d'une femme froide, calculatrice et dominatrice, accusant son mari d'être responsable de la déficience visuelle de Daniel. Elle éveille peu à peu compréhension et compassion lorsqu'elle décrit son impuissance face à un mari frustré, qui vit dans l'insatisfaction de lui-même en raison de son échec professionnel.

L'actrice allemande Sandra Hüller (découverte à Cannes en 2016 avec l'hilarant «Toni Erdmann») façonne de superbe manière cette Sandra opaque, elle aussi allemande, qui est jugée dans un pays étranger, la France. Pas facile pour l’accusée de trouver les bons mots dans la bonne langue devant le juge et le jury. Elle narre sa version des faits en partie dans sa langue maternelle, l'allemand. Avec Samuel et Daniel elle s'exprime en anglais, pour sa défense elle se contente parfois du français, d'où de fréquentes hésitations.

Sandra est-elle finalement coupable, ou est-elle innocente ? La vérité n’est pas toujours aussi claire que la lumière du jour. Pour l’aborder, s’appuyer sur le ressenti est parfois nécessaire, et peut s’avérer salutaire. La scène finale du film, dans laquelle Daniel apparaît devant le tribunal, est un symbole de ce tâtonnement dans le noir. Avec son témoignage, lui, à moitié aveugle, donne une tournure décisive à l'épilogue du procès.

De fait, «Anatomie d'une chute» est un procès passionnant sur un drame familial, parfaitement décrit et magnifiquement interprété, et le film est en même temps la psychanalyse d'un couple tout sauf harmonieux, une critique intelligente aussi de l'envie de la reconnaissance sociale et du jugement souvent formé à la hâte sur la vérité et le mensonge.

Pour Sandra Hüller le prix européen de la meilleure actrice n’est que justice. Elle le méritait déjà au festival de Cannes en mai, aussi bien pour ce rôle que pour celui de l’épouse de Rudolf Höss, commandant du camp de Auschwitz, dans le film britannique «The Zone of Interest», Grand Prix à Cannes. Le règlement interdit de donner plusieurs prix au même film, d’où l’absence de Hüller au palmarès sur la Croisette. Elle a donc deux fers sur le feu, ils devraient lui valoir d’être nominée pour les Oscars. Si d’aventure elle obtenait la statuette, elle serait la première allemande à remporter l’Oscar de la meilleure actrice depuis… 1937, lorsque Luise Rainer remporta le trophée, deux années consécutives même.

Présente à Berlin pour recevoir ce prix européen prestigieux, Sandra Hüller, dans une intervention remarquée, s’adressa sur scène à l’audience, plus de 1000 invités venus des quatre coins du monde, et évoqua le lourd contexte mondial du moment : «J’aimerais beaucoup être silencieuse avec vous pendant quelques moments et vous demander d'imaginer, s'il vous plaît, avec force et netteté, la paix».

Sylwia Podwika

Article mis en ligne en décembre 2023

Michel Ciment (1938-2023)

Disparition d’un grand critique et historien du cinéma

L'immense Palais des Festivals à Cannes forme le centre névralgique du festival du film. Après chaque projection de presse, ses grands couloirs sont pris d’assaut par une grande partie des plus de 4 000 journalistes accrédités. Dans un brouhaha, ils échangent leurs impressions sur le film qu'ils viennent de voir en première mondiale. Des conversations animées dans toutes les langues et tonalités. De manière quasi rituelle, d’année en année, un cercle se constituait autour du critique de cinéma et historien français Michel Ciment. Son jugement était sollicité par ses confrères, français et autres. Non pas qu’ils considéraient sa parole comme sacrée, loin de là, ils étaient souvent en désaccord avec lui. Mais il leur importait de confronter leurs impressions sur le film à l'analyse pointue qu'il en faisait, aux ponts qu’il établissait avec l'œuvre de tel ou tel auteur. Leur savoir s’en trouvait grandement enrichi.

Désormais, ses brillantes analyses et références leur manqueront - et pas uniquement à eux -. Ciment est décédé le 13 novembre, des suites d'une opération à la hanche. Il avait 85 ans.

Michel Ciment doit sa renommée auprès des cinéphiles avertis à ses interventions dans "Le Masque et la Plume", l'émission hebdomadaire de France Inter qui réunit depuis des temps immémoriaux les critiques de cinéma français pour discuter des films nouvellement sortis. Ciment était un membre régulier du panel. Il y fait ses débuts en 1970 et se situe d'abord dans l'ombre des deux grands de l'époque qui se livrent des duels verbaux homériques, Jean-Louis Bory et Georges Charensol. Avec la relève de la garde, il devient une voix faisant autorité dans l'émission. Et sur France Culture, il présente le programme cinématographique « Projection privée » de 1990 à 2016.

Il était aussi à l’aise dans l’écrit qu’à l’oral. Son premier article, une critique favorable de "Le Procès", film d'Orson Welles de 1962 qui ne fut pas très bien accueilli, paraît en 1963 dans la revue cinématographique Positif. Il avait soumis sa contribution en tant que personne extérieure. Elle impressionna les rédacteurs et ils le recrutèrent rapidement. Avec le temps, il devint rédacteur en chef du magazine et le resta jusqu'à la fin.

Michel Ciment (1938-2023)

Les opinions exprimées dans Positif différaient généralement profondément des jugements des Cahiers du Cinéma, une autre revue cinématographique. Ciment reprochait à ce magazine d'avoir une vision dogmatique du cinéma, alimentée par des préjugés. Il ne cessa d'exprimer une critique similaire à l'encontre du «triangle des Bermudes», nom qu'il donna avec dédain au trio formé par les journaux Le Monde, Libération et le magazine Les Inrockuptibles. Ses goûts correspondaient rarement à ceux du quatuor.

Beau joueur, et respectueux de la personne, le magazine vilipendé Les Cahiers du Cinéma consacre son édito du mois de décembre à Michel Ciment, sous le titre «La mort d’un critique».

Ciment avait une grande admiration pour de nombreux réalisateurs britanniques et américains et écrivit des livres sur plusieurs d'entre eux, sur Joseph Losey, sur John Boorman, Elia Kazan, Jerry Schatzberg. Sa passion pour Stanley Kubrick culmina avec le livre «Kubrick» (1980), ouvrage de référence mondiale, réimprimé à plusieurs reprises, avec une préface de Martin Scorsese. Ciment était l'un des rares à entretenir des liens étroits avec le misanthrope Kubrick. Il rencontra le maestro à plusieurs reprises pour de longues interviews. Il donnait des conférences passionnantes sur Kubrick, sans une seule note devant lui. Il ne tarissait pas d’éloges sur "2001 : L'Odyssée de l'espace", il y décelait tous les signes d'un chef-d'œuvre.

Ciment eut également des conversations approfondies avec d'autres réalisateurs célèbres. Il les rassembla dans «Passeport pour Hollywood» (1992), des rencontres avec Billy Wilder, John Huston, Joseph Mankiewicz, Roman Polanski, Milos Forman et Wim Wenders. Un long entretien avec Andreï Konchalovsky parut également sous forme de livre, bien plus tard.

Il était éclectique, comme en témoignent ses livres sur Fritz Lang, Theo Angelopoulos, Francesco Rosi et Jane Campion. Ajoutez à cela son penchant pour Marco Bellochio, Aki Kaurismaki et Nuri Bilge Ceylan. Tout récemment, lors de sa toute dernière participation au Masque et la Plume, fin septembre, il regretta que «Fallen Leaves» de Kaurismaki n'ait pas obtenu la Palme d'or à Cannes cette année.

Les réalisateurs français qui le charmèrent vraiment ont pour noms Alain Resnais (il adorait «Hiroshima, mon amour»), Jean-Paul Rappeneau, Claude Sautet et Stéphane Brizé. La Nouvelle Vague l'inspirait beaucoup moins.

Lorsqu'il n'aimait pas un film ou une critique, Ciment pouvait avoir la plume et/ou la langue acerbe, souvent avec une pointe d'humour.

Expert reconnu, il fit partie du jury de grands festivals, dont Cannes, Venise, Berlin et Locarno, à une époque où les critiques de cinéma étaient encore éligibles à ce poste. Par après, les festivals prestigieux se passèrent de critiques dans leur jury. Ciment en était très mécontent, il avait appris par expérience que les critiques portent souvent un meilleur jugement sur les films que, par exemple, les réalisateurs ou les acteurs. Lors de ces festivals importants, les responsables faisaient appel à lui pendant de longues années pour animer des master class avec d'illustres cinéastes. Après tout, il connaissait leur parcours de fond en comble.

Il avait eu, entre autres, de longues conversations avec les plus célèbres réalisateurs américains. « Une Renaissance américaine » (2014) a rassemblé ses entretiens avec 30 d'entre eux, sur une période de plus de 40 ans, de Clint Eastwood à Francis Ford Coppola (il passa une semaine chez le cinéaste à San Francisco), de Michael Cimino à Sydney Pollack, de Woody Allen à Robert Altman. Il fut le seul critique français à entretenir également des contacts réguliers avec le mystérieux Terrence Malick.

Ciment forçait le respect bien au-delà de ses propres frontières, non seulement en raison de ses connaissances cinématographiques encyclopédiques et de l'excellente manière dont il les transmettait. La facilité avec laquelle il incluait d’autres formes d’art dans ses réflexions sur tel ou tel film était fascinante. Boulimique, il était avide de toutes les expressions culturelles, avec une préférence pour la littérature et la peinture. Il lisait beaucoup, pouvait traverser le pays pour visiter un musée, remuait ciel et terre pour obtenir une invitation au vernissage d'une exposition, assistait souvent à des pièces de théâtre, une somme de livres dans son sac. Il consacra toute sa vie à l'art. Le cinéma résume toutes les autres formes d’art, les synthétise, affirmait-il. Lorsqu'il rencontrait une connaissance, il ne la saluait pas par le banal «Comment vas-tu ?», mais par «Qu'as-tu vu ?»

Pour le bonheur de nombreux cinéphiles, Ciment publia à 80 ans «Une vie de cinéma» (2019), un livre en cinq parties contenant une cinquantaine de textes choisis, édités au cours de sa carrière, souvent fruits de ses voyages, reportages et rencontres. Il y inséra ses conversations avec les lauréats du prix Nobel de littérature Imre Kertesz, Mario Vargas Llosa et Harold Pinter. Il leur demanda ce qu'ils pensaient de l’art cinématographique.

Son faible déclaré pour les réalisateurs britanniques et américains provenait en partie de sa formation, car il poursuivit ses études aux États-Unis et y découvrit le cinéma américain. Plus tard, il enseigna la civilisation américaine et britannique, d'abord dans l'enseignement secondaire, puis à l'université Paris-VII. Il se targuait de pouvoir exprimer librement et franchement ses opinions grâce à son indépendance financière acquise.

Il décrivit ainsi l’exercice de critique d'un film : «un mélange de recherche et d'approche relativement objective, et en même temps d’expression du goût et du rapport personnel à l'œuvre». Il ne tenait pas en haute estime la nouvelle génération de critiques de cinéma, il les trouvait généralement populistes et élitistes.

Son enthousiasme pour visionner de nouveaux films resta intact jusqu’au bout : «Je vais au cinéma pour faire des découvertes. C'est ma passion. Pour voir des premiers films, découvrir de nouveaux talents et les soutenir. Et la deuxième raison est : pour comprendre le monde et me comprendre moi. Pour devenir plus sage.»

Une infirmière recueillit ses derniers mots : «Je vais aller voir un film ce soir».

Sylwia Podwika

Article mis en ligne en décembre 2023

«Le Crime de l’Orient-Express» au Théâtre Royal des Galeries
«Le Crime de l’Orient-Express» au Théâtre Royal des Galeries

En cette période des fêtes et pour célébrer le 70e anniversaire de la Compagnie des Galeries créée en 1953, le Théâtre Royal des Galeries propose une première création théâtrale en langue française tirée du roman d’Agatha Christie : Le Crime de l’Orient-Express. La magnifique mise en scène de Fabrice Gardin et la remarquable scénographie de Ronald Beurms métamorphosent une simple pièce de théâtre en un exceptionnel spectacle visuel. Les spectateurs sont conviés à une balade à bord d’un des plus célèbres trains : l’Orient-Express, à bord duquel Agatha Christie a traversé l’Europe et l’Asie occidentale.

«Le Crime de l’Orient-Express» au Théâtre Royal des Galeries

Dans cette comédie policière, adaptée au théâtre par Ken Ludwig et présentée dans la version française de Gérald Sibleyras, le détective Hercule Poirot rappelé – de toute urgence par Scotland Yard qui a besoin de ses talents – prend l'Orient-Express pour rentrer d'Istanbul à Londres. Tout est paisible à bord. Mais, alors que le train se retrouve bloqué par la neige dans les montagnes yougoslaves, un meurtre est commis. Les passagers sont tous suspects et le détective se lance dans une course contre la montre pour identifier l'assassin, avant qu'il ne frappe à nouveau. Un train, un crime et neuf suspects remarquables, avec un alibi pour chacun, c'est le mystère parfait pour Hercule Poirot, enquêteur atypique et rusé.

Le rôle d’Hercule Poirot est joué par Arnaud Van Parys, accompagné sur scène par les comédiens Bruno Georis, Robin Van Dyck, Jef Rossion, David Leclercq, Margaux Frichet, Cécile Van Snick, Laura Fautré, Catherine Conet et Mathilde Bourguet. Les vidéos sont d’Allan Beurms , les lumières de Félicien Van Kriekinge, la musique de Laurent Beumier, et les costumes de Françoise Van Thienen et Sophie Malacord.

A découvrir jusqu’au 21 janvier 2024.

Info : tél. 02 512 04 07 – www.trg.be

C.F.

Photos : © Isabelle De Beir

Article mis en ligne en décembre 2023

Exposition «Water» à la Villa Empain
Exposition «Water» à la Villa Empain

Actuellement, la Fondation Boghossian présente l’exposition Water : une réflexion poétique autour de l’œuvre de l’artiste sud-coréen Kim Tschang-Yeul, connu pour ses fameuses représentations de gouttes d’eau. Cette exposition aborde les différentes manifestations de l’eau au travers de cinquante œuvres contemporaines et installations in situ, réalisées par 26 artistes venus de tous les horizons. De la goutte d’eau à l’océan, en passant par le nuage et la rivière, l’exposition Water d’une part, explore les états variables de l’eau et la manière dont les artistes s’en emparent. Et d’autre part, invite le visiteur à la création d’émotions et de souvenirs.

On y découvre, entre autres, une sélection d’œuvres des collections de la Fondation François Schneider et TBA21. La collection de la Fondation François Schneider – située à Wattwilleren en France – a comme thématique centrale l’eau, questionnant cet élément de manière plastique, poétique, esthétique, géographique, politique ou encore scientifique. Quant à TBA21 Thyssen-Bornemisza Art Contemporary – une fondation internationale dont le siège est à Madrid –, elle a pour but de sensibiliser le public à la question des océans, de l’eau et de l’environnement.

Déployée au sein de l’architecture Art déco unique de la Villa Empain à Bruxelles, l’exposition Water est visible jusqu’au 10 mars 2024.

www.boghossianfoundation.be

M.VD.

Photo : © Yves Chaudouët – Les poissons des grandes profondeurs ont pied (2006) – Collection de la Fondation François Schneider – Steeve Constanty.

Article mis en ligne en novembre 2023

Dessins en référence à la Déclaration des Droits de l’Homme
Dessins en référence à la Déclaration des Droits de l’Homme

Jusqu’au 28 janvier 2024, la Cité Miroir à Liège accueille le réseau international Cartooning for Peace et présente l’exposition «Enjeux Humains» rassemblant une centaine de dessins de presse interrogeant l’état des droits humains. Une création du Centre d’Action Laïque de la Province de Liège et de Cartooning for Peace, en partenariat avec Amnesty International Belgique, présentée en français, néerlandais, anglais et allemand.

Avec humour, impertinence, émotion et parfois gravité, des dessinateurs de presse connus en Europe – comme entre autres Kroll (Belgique), Cost (Belgique), Marec (Belgique), Vadot (Belgique), Plantu (France), Kak (France), Chappatte (Suisse), Joep Bertrams (Pays-Bas) ou Carrilho (Portugal) – et des collègues de la scène internationale tels Côté (Canada), Ann Telnaes (USA), Boligán (Mexique), Gado (Kenya), Willis from Tunis (Tunisie), Zapiro (Afrique du Sud), Kichka (Israël), Mana Neyestani (Iran), Stellina (Taïwan) et bien d’autres, «dépeignent» l’actualité mondiale. Sur une centaine de dessins, ces cartoonistes croquent, questionnent et célèbrent les grands thèmes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), dont les 75 ans seront fêtés le 10 décembre 2023. Démocratie, égalité de genre, droits sociaux, liberté de la presse, paix, migration, éducation, santé… l’exposition met en scène les droits fondamentaux indispensables à nos sociétés et pourtant encore bafoués chaque jour à travers le monde. Elle montre, de façon pédagogique et engagée, que le texte de 1948 reste un idéal à atteindre, et invite à aller de l’avant en questionnant de nouveaux droits indispensables aujourd’hui et demain, comme ceux liés au numérique et à l’environnement.

A travers un programme d’animations et de rencontres au cœur de l’exposition, le week-end du 10 décembre sera consacré à la célébration du 75e anniversaire de la proclamation de la DUDH.

www.enjeuxhumains.be

D.T.

Photo : © Plantu – France – Cartooning for Peace.

Article mis en ligne en novembre 2023

BRAFA 2024
BRAFA 2024

Après avoir accueilli plus de 65.000 visiteurs en janvier de cette année, la BRAFA sera à nouveau la première manifestation artistique majeure du début d’année 2024. Du dimanche 28 janvier au dimanche 4 février, la BRAFA exposera 132 galeries de premier plan provenant de 14 pays, proposant un éventail de spécialités allant de l’Antiquité à l’art contemporain. Pour cette édition 2024, qui se tiendra à nouveau à Brussels Expo, 19 nouveaux exposants viendront intégrer et compléter l’ensemble des domaines présentés. Comme le souligne Harold t’Kint de Roodenbeke, président : visiter la BRAFA correspond à un véritable voyage spatio-temporel, d’une époque à l’autre, d’un style à l’autre. Tout en étant un savant mélange d’art ancien, d’art moderne, d’art contemporain et de design, la manifestation est également un baromètre du marché de l’art.

La BRAFA, qui souhaite attirer un public regroupant plusieurs générations, peut se targuer d’être l’une des Foires les plus qualitatives d’Europe. Avant son ouverture, deux jours sont consacrés aux expertises. Un travail de vérification d’authenticité, de qualité et d’état de conservation est accompli par plus de 80 experts venant du monde entier. La BRAFA, ayant un retentissement à l’international, offre, par définition, un coup de projecteur sur les Institutions belges à l’étranger.

BRAFA 2024

Paul Delvaux a développé une œuvre intemporelle, échappant aux étiquettes et aux modes éphémères. La Fondation Paul Delvaux sera mise à l’honneur à l’occasion des 30 ans de la disparition du grand peintre surréaliste. Elle présentera, dans un espace qui lui sera dédié, un aperçu de la carrière de l’artiste, véritable parcours dans le monde et l’imaginaire de Paul Delvaux.

A l’occasion de la BRAFA 2024, la Fondation Roi Baudouin – qui s’investit, depuis plus de trente-sept ans en faveur de la sauvegarde et de la conservation du patrimoine belge – exposera ses dernières acquisitions, ainsi qu’une très belle sélection d’oeuvres majeures issues de ses collections.

BRAFA 2024 ne manquera pas d’éblouir tous les collectionneurs et amateurs d’art.

www.brafa.art

C. FARINONE

Photos : 1. Galerie Bertrand de Lavergne – Paire de perroquets en biscuit chinois émaillé turquoise et aubergine, posés sur des rochers ajourés – Chine, période Kangxi (1662-1722) – Hauteur de 21 cm / 2. F. Baulme Fine Arts – Nicolas Bertin (Paris, 1668-1736) – Achille confié par Thétis au centaure Chiron, circa 1725 – Huile sur toile 62 cm x 79,5 cm –Provenance: Collection privée, Paris.

Article mis en ligne en octobre 2023

L’Ascenseur de l’Etrange
L’Ascenseur de l’Etrange

L’ascenseur emblématique de la Place Poelaert – faisant le trait d’union entre les quartiers commerçants du haut et du bas de la Ville de Bruxelles – accueille «L’Ascenseur de l’Étrange» : une installation audiovisuelle qui plonge les utilisateurs de ce moyen de transport dans un univers surréaliste. Cette installation artistique vient compléter le projet Marolles Surréalistes, en cette année de 125e anniversaire de la naissance de René Magritte, et fait partie des nombreuses actions de soutien aux commerces de la Ville de Bruxelles, tout comme les décorations surréalistes dans les rues Blaes, Haute et des Renards au niveau des Marolles, ou encore le parcours «Bruxelles en fleurs» qui a pris place dans les rues du centre-ville l’été dernier.

Au crépuscule, ce point de repère urbain se révèle sous un nouveau jour, le métamorphosant en un tableau vivant de poésie et d'imagination. Des poissons, des éléphants volants, des nuages flottants et des bulles de savon apparaissent, comme par magie, sur un fond de ciel bleu, créant un spectacle à la fois captivant et enchanteur. Les passants peuvent ainsi emprunter le sas de l’ascenseur, transformé en cube de projection pour l’occasion, et s'immerger dans une ambiance d'étrangeté délicieuse.

Il est possible de profiter de la projection tous les jours, jusqu’au 28 février 2024, de 17h à 1h du matin, les horaires pouvant légèrement varier au fil des mois en fonction de la luminosité extérieure.

M.VD.

Article mis en ligne en octobre 2023

Les Jardins van Buuren rejoignent l’European Route of Historic Gardens
Les Jardins van Buuren rejoignent l’European Route of Historic Gardens

Les Musée & Jardins van Buuren – un des joyaux culturels de Bruxelles – ont intégré, cette année, le réseau international European Route of Historic Gardens, un réseau exclusif de sites emblématiques partageant une passion commune pour l'histoire, l'art et l'architecture des jardins, tels notamment les jardins de Boboli à Florence (Italie) et le parc Serralves à Porto (Portugal). Fondée en 2016, l’European Route of Historic Gardens a pour mission de préserver et de promouvoir le patrimoine culturel lié aux jardins historiques en Europe, tout en encourageant les échanges culturels et le tourisme durable. Les jardins van Buuren sont les premiers jardins belges à rejoindre ce prestigieux itinéraire culturel, placé sous l’égide du Conseil de l’Europe.

Edifiée en 1928, la maison-musée du couple David et Alice van Buuren est un exemple remarquable de l'Art déco et abrite un mobilier rare, des tapis signés, des vitraux, des sculptures et une collection exceptionnelle de tableaux de maîtres belges et internationaux, du 15e au 20e siècle. Les jardins qui l’entourent constituent un véritable chef-d’œuvre de l'art paysager et sont considérés comme l'un des exemples les plus raffinés et les mieux préservés des jardins de l’entre-deux-guerres en Belgique. Ces jardins d'une superficie initiale de 26 ares en 1924, s'étendent aujourd'hui sur 1,2 hectare.

Les Jardins van Buuren rejoignent l’European Route of Historic Gardens

Les Jardins van Buuren ont été créés par les célèbres architectes-paysagistes belges, Jules Buyssens (1872-1958) et René Pechère (1908-2002). Comme le précise le Président en exercice de l’European Route of Historic Gardens : la contribution des deux concepteurs, associée à la sensibilité artistique de la famille van Buuren ainsi qu'à l'engagement et à l'attention de la direction du musée, est aujourd'hui reconnue non seulement par les habitants de Bruxelles, mais aussi par l'ensemble des Européens. Et Manon Magotteaux, Conservatrice des lieux, d’ajouter : les Musée & Jardins van Buuren incarnent bien plus que des espaces d'une beauté exceptionnelle; ils reflètent l'histoire, la créativité ainsi que la relation profonde entre l'humanité et la nature.

M.VD.

Musée et Jardins van Buuren : 41 Avenue Léo Errera – 1180 Bruxelles – www.museumvanbuuren.be

Photos : 1. Vue du jardin – ©van Buuren Museum & Gardens / 2. La grande roseraie – photo : An Mestdag ©van Buuren Museum & Gardens.

Article mis en ligne en septembre 2023

Pairi Daiza : la nostalgie des trains à vapeur
Pairi Daiza : la nostalgie des trains à vapeur

Fondé en 1994, Pairi Daiza permet aujourd’hui aux visiteurs de découvrir plus de 7.000 animaux de 800 espèces différentes, sur quelques 75 hectares de superficie. Mais Pairi Daiza n’est pas seulement un parc animalier. Il se veut également une vitrine du patrimoine industriel. A ce titre, Pairi Daiza vient d’acquérir une locomotive à vapeur belge originaire du Hainaut. Construite en 1900 par la Société Métallurgique de Couillet, elle a été utilisée dans des mines espagnoles, achetée par un collectionneur britannique et conservée par une société de chemins de fer du Pays de Galles. 123 ans après sa fabrication à Couillet, ce joyau est de retour en Belgique. C’est dans les ateliers du Parc que la locomotive va bénéficier d’une restauration complète. A ce jour, Pairi Daiza possède 6 anciennes locomotives à vapeur dont 4 sont en état de fonctionnement. La construction de la ligne de chemin de fer Pairi Daiza Steam Railway et la remise en état des locomotives représentent une passion et un travail quotidien pour l’équipe des cheminots du Parc. La petite vitesse des locomotives est parfaitement adaptée à un agréable voyage dans le Jardin des Mondes et permet aux visiteurs de profiter du Parc d’une autre façon et d'observer de nombreux animaux d’un point de vue différent.

La «Couillet», reine de la collection de Pairi Daiza, est visible dans le hangar des trains installé dans la Terre du Froid, devant l’Izba.

www.pairidaiza.eu

C.F.

Photo : Locomotive «Couillet» devant le hangar / © Pairi Daiza – Solène Senhaji.

Article mis en ligne en janvier 2023

Musée de l’Illusion à Bruxelles
Musée de l’Illusion à Bruxelles

Le Théâtre de la Gaîté, situé au cœur de Bruxelles, accueille, depuis le début du mois de juillet 2022, le plus grand Musée de l’Illusion d’Europe. Un tout nouveau musée dont l’objectif est d’initier ses visiteurs – toutes générations confondues – au monde fabuleux de l’illusion d’optique. Sur plus de 700 m² de superficie, il plonge les visiteurs dans une expérience pédagogique et ludique unique, conçue pour s’instruire en s’amusant. La collection présentée met l’accent sur la manière dont fonctionne notre cerveau et dont nous gérons notre perception des choses, en rappelant que la perception n’est bien souvent qu’une mystification et qu’il suffit d’un regard différent pour appréhender le monde autrement. Tout au long du parcours on découvre des illusions d'optique, tantôt amusantes tantôt déplaisantes si on ne comprend pas la manière dont notre cerveau a été piégé. Et le directeur du musée, Damir Cicak, de préciser : «Le visiteur découvre que ce que le cerveau décode par le biais des sens n’est pas nécessairement la réalité»... «En ces temps où les prises de position se font et se défont à la vitesse de l’éclair, en partie à cause des réseaux sociaux, et où le dialogue tend à faire figure de parent pauvre, le musée interpelle les visiteurs sur les faits tout en leur prodiguant un conseil judicieux : vérifiez d’abord si votre perception est bien la bonne. D’autres verront peut-être certaines choses qui vous échappent. Cette perspective est, peut-être, plus précieuse encore que l’expérience elle-même».

Musée de l'Illusion : 18 rue du Fossé aux Loups – 1000 Bruxelles – tél. +32 2 219 23 50 – Museumofillusions.be

S.D.

Article mis en ligne en juillet 2022

Toys Discovery Museum
Toys Discovery Museum

Un nouveau musée vient d'ouvrir à Tour & Taxis à Bruxelles. : le Toys Discovery Museum, qui aborde des thèmes de l'histoire, des sciences, de la culture, de la mode et où le jouet – particulièrement à partir des années 50 – est le fil conducteur. Un lieu de découverte pour les jeunes et un retour dans le passé pour les adultes !

Dans ce musée immersif, chacun peut découvrir et regarder – au rythme de ses envies – les objets, figurines, jouets qui remplissent les 135 vitrines d'exposition. Toys Discovery Museum est un musée pédagogique composé de 14 zones, 250 mètres d'étagères et de vitrines mettant en situation, dans une scénographie soignée, des récits de l'histoire et de l’homme, ainsi que des espaces renfermant des pièces uniques, pour les collectionneurs.

Les différentes sections forment un parcours amenant les visiteurs dans la jungle, dans des contrées lointaines des Amériques, dans les fonds marins du Pôle Nord, et même dans l'espace, au-delà du système solaire, en compagnie de robots pour un voyage intergalactique. Une aventure assurément fascinante...

S.D.

Toys Discovery Museum : Avenue du Port 86 C – 1000 Bruxelles.

Article mis en ligne en mai 2022